La chaudière numérique

Une eau chauffée par calcul mathématique ?

Un ordinateur fixe ou portable monte rapidement en température à mesure que vous lui demandez d’effectuer des calculs de plus en plus nombreux ou un certain nombre de tâches. Ce n’est pas pour rien que l’on assiste à la vente massive de plate-formes portables destinés à refroidir nos micros en fonction de notre utilisation tout au long de la journée, leurs équivalents pour les ordinateurs fixes sont présents directement au sein de l’unité centrale. Plusieurs starts-ups françaises se sont intéressées à cette production de chaleur qui peut atteindre rapidement des centaines de degrés s’il s’agit d’un usage professionnel. La start-up grenobloise Stimergy a développée un système de production d’eau chaude sanitaire à partir du cycle de chauffe présent sur les data center, quels résultats peut-on tirer d’une telle expérimentation ?

Projet et réalisation

En partenariat avec Nantes Métropole Habitat, l’expérience est conduite dans le cadre d’une alimentation en eau chaude sanitaire d’un HLM comprenant 40 logements. L’ensemble des serveurs informatiques, au nombre de 36, sont reliés pour alimenter la chaudière numérique qui est responsable de la redistribution dans l’ensemble des appartements au travers d’un chauffe-eau thermodynamique par exemple. Pour faire fonctionner ses serveurs à pleine puissance et ainsi dégager un excédent de chaleur suffisant, l’installation reçoit et traite les données de calcul d’une société d’animation américaine en 3d. Grâce à leur travail, il est possible d’augmenter la température de l’eau d’une dizaine de degrés ce qui n’est néanmoins pas encore suffisant. En complément, le gaz de ville assure à l’ensemble des locataires de la résidence un confort sanitaire irréprochable d’autant que celui-ci est majoritairement produit par l’action humaine dans ce cadre. Pour des raisons évidentes de sécurité, aucune donnée n’est stockée sur le serveur et seules les opérations de calcul sont effectuées au cœur de cette installation nouvelle génération. Cette alternative à une production d’eau chaude sanitaire traditionnelle représente également une possibilité très intéressante pour réduire le nombre de data center qui sont spécialisés exclusivement dans le traitement de calculs complexes pour les entreprises. Ces lieux nécessitent la mise en place de systèmes de refroidissements très importants qui ne contribuent pas à une gestion éco-responsable des ressources naturelles.

Quelques pistes de réflexion…

D’un point de vue strictement comptable, l’opération est une réussite tant sur le plan financier avec une réduction des dépenses énergétiques pour chaque foyer de l’ordre de 80 à 150 euros mais surtout d’une économie d’énergie que l’entreprise estime à près de 40%. Si l’on considère le nombre de data center en activité dans le monde ainsi que le besoin croissant de recourir à des calculs de données de plus en plus complexes, le développement de telles initiatives doit être encouragée. A terme, il est possible d’envisager la mise en place d’un appartement connecté qui repose sur un système de production d’eau chaude sanitaire autonome et écologique grâce aux serveurs informatiques de manière semblable à ce qui existe déjà pour certains radiateurs. Seul inconvénient à l’heure actuelle, la mise en place d’une telle installation de chaufferie entraîne un certain coût qui ne peut être à l’heure actuelle que pris en charge qu’à travers une collectivité mais la location des serveurs à des sociétés d’informatique assure un retour sur investissement rapide, pour faire des économies avec son chauffe-eau, tout en réalisant un geste citoyen.

N’hésitez pas à partager notre article sur les réseaux sociaux, seriez-vous prêt à titre personnel à évoluer dans un environnement connecté où l’ensemble de votre consommation énergétique provient de la mise en réseau de serveurs informatiques?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *